Risques chimiques : une campagne toujours d’actualité pour passer à l’action

Relancée en octobre 2025, la campagne nationale de l’Assurance Maladie – Risques professionnels « Les risques chimiques ne préviennent pas. Heureusement, nous pouvons les prévenir. » s’inscrit dans la continuité des actions menées depuis plusieurs années pour renforcer la prévention en entreprise.

Elle rappelle un enjeu majeur : les risques chimiques restent encore trop souvent sous-estimés, alors qu’ils concernent de nombreux secteurs (industrie, BTP, bois, métallurgie, automobile, laboratoires…) et peuvent entraîner des pathologies graves.

Une démarche structurée en 4 étapes

L’Assurance Maladie propose une méthode progressive, accessible aux PME, pour structurer efficacement la prévention.

  1. Identifier un référent et monter en compétences

La première étape consiste à désigner un pilote interne (dirigeant, RH, HSE…).

Ce référent doit être en capacité de :

  • comprendre les obligations réglementaires,
  • identifier les dangers des produits chimiques,
  • exploiter les étiquettes et fiches de données de sécurité (FDS).

L’INRS propose un module e-learning gratuit pour acquérir les bases.
Des formations certifiantes peuvent également être financées pour les entreprises de moins de 50 salariés (jusqu’à 70 % de prise en charge selon dispositifs en vigueur).

  1. Évaluer les risques et structurer un plan d’action

Cette étape constitue le socle de la démarche :

  • inventaire des produits utilisés ou émis,
  • analyse des situations d’exposition,
  • identification des agents dangereux (dont CMR).

Elle permet également de répondre à une obligation essentielle : établir la liste des salariés exposés ou susceptibles de l’être.

Des outils sont disponibles :

  • Seirich (INRS),
  • outils de l’Assurance Maladie,
  • solutions sectorielles selon les activités.

À partir de cette analyse, l’entreprise formalise un plan d’actions priorisé et opérationnel.

  1. Mettre en œuvre des mesures de prévention

La priorité est donnée aux protections collectives telles que le captage des fumées et poussières, la substitution des produits dangereux ou l’amélioration des procédés de travail.

La réussite de cette étape repose aussi sur :

  • la formation des salariés,
  • l’implication des équipes,
  • l’intégration de la prévention dans les pratiques quotidiennes.

Les entreprises peuvent être accompagnées techniquement et financièrement par les Carsat / Cramif / CGSS.

  1. Suivre et pérenniser la démarche

La prévention des risques chimiques s’inscrit dans le temps long.

Elle nécessite :

  • une mise à jour régulière de l’évaluation des risques,
  • le contrôle des équipements,
  • l’intégration du risque dans les processus d’achat,
  • une logique d’amélioration continue.

Des aides financières pour faciliter le passage à l’action

L’Assurance Maladie propose plusieurs dispositifs de financement, notamment pour les entreprises de moins de 50 salariés.

Selon les cas, les aides peuvent atteindre jusqu’à 25 000 €, et financer :

  • une partie des équipements de protection collective,
  • les contrôles et vérifications des installations,
  • les formations liées à la prévention et à la maintenance.

Des dispositifs spécifiques existent selon les secteurs et les risques (captage des fumées de soudage, émissions diesel, cabines de peinture, amiante, etc.).

Un enjeu majeur pour les entreprises et les équipes RH

Les risques chimiques sont encore trop souvent invisibles dans les politiques de prévention, alors qu’ils peuvent être à l’origine de maladies professionnelles graves.

Au-delà de la conformité réglementaire, la démarche devient un enjeu stratégique :

  • protection durable des salariés,
  • réduction du risque juridique,
  • performance globale de l’organisation.

Pour les RH et les managers, cela implique de structurer la démarche, sensibiliser les équipes et inscrire ces enjeux dans la culture de prévention.

En résumé

La campagne de l’Assurance Maladie rappelle un message simple : les outils existent, les financements aussi.

La question n’est donc plus de savoir s’il faut agir, mais comment structurer efficacement la démarche de prévention.

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