Le 5 juin 2026, le ministre du Travail et des Solidarités, Jean-Pierre Farandou, a présenté aux partenaires sociaux le nouveau Plan Santé au Travail (PST) 2026-2030, à l’occasion du Conseil national d’orientation des conditions de travail (CNOCT). Cette cinquième édition du plan, renouvelée tous les cinq ans depuis 2004, s’inscrit dans la continuité du précédent PST (2021-2025) et de la loi du 2 août 2021 pour renforcer la prévention en santé au travail.

Nouveauté marquante : ce PST 5 fusionne désormais avec le Plan pour la prévention des accidents du travail graves et mortels (PATGM), jusqu’ici piloté séparément, afin de gagner en cohérence sur le terrain. Décliné en 50 actions et 4 axes stratégiques, il sera ensuite adapté région par région via les Plans Régionaux de Santé au Travail (PRST), pilotés par les DREETS.
Voici les cinq grandes priorités qui structurent ce nouveau plan, et ce qu’elles signifient concrètement pour les entreprises.
- La prévention des accidents graves et mortels
C’est la priorité numéro un du plan. Le constat qui la motive est sans appel : en 2024, la France a recensé 824 accidents du travail mortels (764 pour le régime général, 60 pour le régime agricole). Le plan cible en particulier les jeunes travailleurs et les intérimaires, surexposés en raison de leur manque d’expérience et d’un accueil parfois insuffisant en entreprise — plus de la moitié des décès au travail chez les moins de 25 ans survient moins d’un an après la prise de poste.
Les leviers prévus : renforcement de la formation initiale et continue à la santé-sécurité, amélioration des protocoles d’accueil des nouveaux arrivants, et meilleure anticipation des malaises mortels (organisation du travail, gestion des pauses, lutte contre la sédentarité, formation de sauveteurs secouristes).
- La santé des femmes au travail
Le plan érige pour la première fois la santé des femmes en priorité à part entière. Il s’agit de mieux prendre en compte les différences d’exposition aux risques professionnels entre les femmes et les hommes, notamment via :
une évaluation des risques différenciée selon le sexe ;
une adaptation des équipements de protection individuelle, souvent conçus pour des gabarits masculins ;
un renforcement de la lutte contre les violences sexuelles et sexistes au travail (VSST).
- Les risques liés au changement climatique
Face au dérèglement climatique, de nouveaux risques professionnels émergent (vagues de chaleur, exposition à des conditions de travail modifiées…). Le plan prévoit d’outiller employeurs et services de prévention pour y faire face, en complément d’une veille sur les autres risques émergents (transformation numérique, intelligence artificielle, PFAS, zoonoses).
- La réduction de l’absentéisme
La prévention de l’absentéisme s’appuie sur une logique de repérage précoce des situations de fragilité susceptibles d’entraîner une désinsertion professionnelle. L’objectif est de favoriser le maintien en emploi grâce à un accompagnement adapté, en s’appuyant sur la prévention primaire plutôt que sur la seule gestion des arrêts.
- La promotion de la santé mentale
Désignée grande cause nationale pour 2025-2026, la santé mentale au travail bénéficie d’une attention renforcée : clarification de l’offre d’accompagnement proposée aux entreprises, déploiement amplifié des formations de secourisme en santé mentale, et poursuite de la charte d’engagements lancée en 2025. La prévention des risques psychosociaux (RPS) reste un axe central du dispositif.
Ce que cela change pour les entreprises
Le PST 2026-2030 ne crée pas d’obligation réglementaire nouvelle en lui-même, mais il oriente clairement les futurs outils, contrôles et accompagnements proposés aux entreprises pour les cinq prochaines années. Pour s’y préparer, la formation reste l’un des leviers les plus directs : sensibiliser les équipes à l’accueil des nouveaux arrivants, former des sauveteurs secouristes du travail (SST), déployer les premiers secours en santé mentale (PSSM), ou encore désigner et outiller des référents prévention. Autant d’actions concrètes que les entreprises peuvent engager dès maintenant, sans attendre une obligation, pour s’inscrire dans la dynamique du plan.
Source : ministère du Travail et des Solidarités, dossier de presse « Plan Santé au travail 2026-2030 », juin 2026.