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RÉGLEMENTATION DE LA FORMATION


LES OBLIGATIONS DE L’ENTREPRISE VIS-À-VIS DES REPRÉSENTANTS DES SALARIÉS

Le Comité d’Entreprise (ou, s’il n’existe pas, les délégués du personnel) doit être informé et consulté chaque année sur la formation professionnelle dans l’entreprise (orientation, mise en oeuvre…).

Le défaut de consultation du CE fait l’objet d’une sanction spécifique : majoration de 50% de la participation au financement de la formation continue.

DEUX RÉUNIONS OBLIGATOIRES DU COMITÉ D’ENTREPRISE sont consacrées notamment :
• au plan de formation de l’entreprise,
• aux conditions d’accueil, de formation, d’insertion des jeunes,
• aux départs en congé individuel de formation, en congé de bilan de compétences,
• DIF (droit individuel à la formation) et des périodes et contrats de professionnalisation.

LA PREMIÈRE RÉUNION se tient au plus tard le 1er octobre (décret du 18 juillet 2008). Elle a pour objet de présenter au CE le bilan des actions de formation réalisées l’année précédent et l’année en cours.

LA DEUXIÈME RÉUNION, qui se tient avant le 31 décembre, a pour objet l’examen, pour l’année à venir, du plan de formation et des conditions de mise en oeuvre du DIF et de la professionnalisation.

Les contributions des entreprises au financement de la Formation tout au long de la vie sont calculées chaque année à partir de la masse salariale brute de l’annee précédente. Elles varient selon la taille de l’entreprise et la branche professionnelle dont elle relève.

Si l’entreprise n’est pas couverte par le champ d’application d’une branche ayant fixé des taux de contribution différents, les obligations légales suivantes s’appliquent :
 
Moins de 10
salariés
De 10 à 19
salariés
20 salariés
et plus

Contribution totale

0,55%
1,05%
1,60%
Contribution
Plan de formation
0,40%
0,90%
0,90%
Contribution professionnalisation
0,15%
0,15%
0,50%
Contribution CIF
0
0
0,20%

Une contribution spécifique s’ajoute lorsque l’entreprise a eu recours à des salariés en CDD. Elle est égale à 1% de la masse salariale brute de ces derniers.

Pour les entreprises de 10 salariés et plus, les différentes contributions font l’objet de versements libératoires auprès des OPCA compétents (Organismes Paritaires Collecteurs Agréés), à l’exception du solde (0,9%) qui peut être directement utilisé par les entreprises. Ce budget peut être consacré à la mise en oeuvre de prestations de formation (actions de formation, bilans de compétences, VAE) dans le cadre du plan de formation de l’entreprise ou du DIF ou versé également à un OPCA.
Ces contributions sont contrôlées annuellement par le biais de la déclaration fiscale « 2483 » exigible le 30 avril.


DISPOSITIFS APPLICABLES DANS L’ENTREPRISE

ÉVALUER SA FORMATION

L’ENTRETIEN PROFESSIONNEL

Il trouve son origine dans l’Accord National Interprofessionnel du 5 décembre 2003, complété par l’avenant n°1 du 20 juillet 2005.
Cet entretien doit avoir lieu au moins tous les deux ans. Ses modalités de mise en oeuvre doivent être prévues par un accord de branche ou d’entreprise ou, à défaut, par l’employeur.
Il a lieu soit :
• à l’initiative du salarié,
• à l’initiative de l’employeur (le cas échéant avec un concours technique extérieur)
Il a pour objectif de permettre au salarié d’élaborer son projet professionnel à partir de ses souhaits d’évolution dans l’entreprise, de ses aptitudes et des besoins de cette dernière.

LE PASSEPORT DE FORMATION
Document récapitulatif des connaissances, compétences et aptitudes professionnelles d’un salarié, établi à l’initiative du salarié lui-même et restant sa propriété.
Il l’utilise comme bon lui semble. Ce passeport peut l’aider dans sa mobilité interne ou externe.

LE PLAN DE FORMATION
L’objectif du plan de formation est de planifier sur l’année les actions de formation pouvant bénéficier aux salariés.
Les actions du plan sont, depuis la loi du 4 mai 2004, classées en 3 catégories.
• Les actions d’adaptation au poste de travail, qui se déroulent pendant le temps de travail et donnent lieu au maintien de la rémunération,
• Les actions liées à l’évolution des emplois ou participant au maintien dans l’emploi. Elles se déroulent pendant le temps de travail et donnent lieu au maintien de la rémunération. En cas de dépassement de l’horaire de travail, elles ne s’imputent pas sur le contingent d’heures supplémentaires dans la limite annuelle de 50 heures,
• Les actions de développement des compétences qui peuvent se dérouler en dehors du temps de travail dans la limite de 80 heures avec l’accord écrit du salarié.
En cas de formation hors du temps de travail, l’entreprise verse au salarié l’allocation de formation, égale à 50 % de sa rémunération nette de référence.
L’Accord National Interprofessionnel du 7 janvier 2009 prévoit de ramener ces 3 catégories à 2 catégories : les actions d’adaptation au poste de travail et les actions liées à l’évolution des emplois ou participant au maintien dans l’emploi sont rassemblées en une seule catégorie et la deuxième catégorie reste représentée par les actions de développement des compétences.

LE DROIT INDIVIDUEL À LA FORMATION (DIF)
Ce droit permet aux salariés, sous certaines conditions, de bénéficier de 20 heures de formation par an, cumulables sur 6 ans. Ce droit est réservé à tout salarié employé à temps plein en contrat à durée indéterminée et justifiant d’au moins un an d’ancienneté. Pour les salariés à temps partiel ce droit annuel est calculé au prorata du temps de travail. Les salariés en CDD bénéficient quant à eux d’une formation financée et rémunérée.
Pour l’exercice du DIF les actions de formation sont définies comme prioritaires par une convention ou un accord de branche ou d’entreprise
. À défaut d’un tel accord, les actions de formation permettant l’exercice du DIF sont :
• Les actions de promotion ou d’acquisition, d’entretien ou de perfectionnement des connaissances,
• Les actions de qualification, soit sanctionnées par un diplôme ou un titre répertorié dans le Répertoire National des Certifications Professionnelles, soit reconnues par une convention collective de branche ou par une CPNE (Commission Paritaire Nationale pour l’Emploi).

LA MISE EN OEUVRE DU DIF
C’est le salarié qui prend l’initiative de suivre une formation dans le cadre du DIF avec la condition préalable d’obtenir l’accord de l’employeur sur le choix de l’action de formation.

Si pendant deux exercices civils consécutifs un désaccord persiste entre employeur et salarié, celuici peut présenter sa demande à l’OPACIF qui l’étudie au regard de ses priorités. Si l’OPACIF accepte la demande, l’employeur verse alors à l’OPACIF :
• Le montant de l’allocation de formation correspondant aux droits acquis au titre du DIF par le salarié,
• Les frais de formation calculés selon la base forfaitaire applicable dans le cadre du contrat de professionnalisation.

Le DIF est mis en oeuvre hors du temps de travail, sauf convention ou accord collectif de branche ou d’entreprise prévoyant que l’action de formation puisse se dérouler en partie pendant le temps de travail. Si le DIF est mis en oeuvre hors temps de travail, l’employeur verse au salarié l’allocation de formation d’un montant égal à 50 % de la rémunération nette de référence du salarié concerné.
Si le DIF est mis en oeuvre pendant le temps de travail le salarié bénéficie du maintien de sa rémunération.

LA « TRANSFÉRABILITÉ » DU DIF
Le DIF est « transférable » en cas de départ du salarié de l’entreprise.
• En cas de licenciement : le salarié peut demander avant la fin de son préavis, au titre des droits acquis, à bénéficier ultérieurement d’une action de bilan de compétences, de validation des acquis de l’expérience ou de formation financée par le DIF,
• En cas de démission : le DIF peut, à la demande du salarié, être utilisé pendant le préavis pour suivre un bilan de compétences, d’une VAE ou d’une action de formation,
• En cas de licenciement pour faute lourde ou grave, en cas de retraite : le DIF est perdu.

LA PROFESSIONNALISATION
La professionnalisation est ouverte non seulement aux publics en voie d’insertion (jeunes et demandeurs d’emploi) mais également aux salariés en cours de contrat de travail.

LE CONTRAT DE PROFESSIONNALISATION,
Il permet aux jeunes qui souhaitent compléter leur formation initiale d’acquérir une qualification dans le cadre d’un contrat de travail particulier associant séquences de formation et exercice d’une activité professionnelle,
Ce contrat s’adresse également aux demandeurs d’emploi âgés de 26 ans et plus. Il peut être un CDD de 6 à 12 mois ou un CDI avec une période de professionnalisation de 6 à 12 mois. Cette durée peut être portée à 24 mois pour certains publics spécifiques ou pour les qualifications dont la nature exige cet allon gement de durée. La durée minimale des actions d’évaluation, d’accompagnement, d’enseignements généraux, profes sionnels et techniques équivaut à 15 % de la durée du CDD ou de la période de professionnalisation du CDI (plancher 150 heures). Cette durée, par accord de branche, peut être portée à 25 % voire plus.
Le tutorat, bien que facultatif, est préconisé par les partenaires sociaux.

LA PÉRIODE DE PROFESSIONNALISATION
Elle permet à certaines catégories de salariés en CDI d’acquérir une qualification ou de participer à une action de formation afin de favoriser leur maintien dans l’emploi (salariés dont la qualification est insuffisante au regard de l’évolution des techniques et des organisations, salariés ayant au moins 20 ans d’activité professionnelle ou âgés de 45 ans et avec au moins 1 an d’ancienneté dans l’entreprise, salariés qui envisagent la création ou la reprise d’une entreprise, femmes après un congé de maternité, parents ayant un congé parental, travailleurs handicapés). Ce dispositif peut être mis en oeuvre soit par le salarié dans le cadre du DIF, soit par l’employeur dans le cadre du plan de formation.
L’action peut se dérouler tout ou partie hors du temps de travail ce qui permet dans ce cas au salarié de bénéficier de l’allocation de formation.



RAPPEL DES DISPOSITIONS 2010 SUR LA FORMATION

Principales dispositions de l’Accord National Interprofessionnel du 7 janvier 2009, qui devraient être reprises par une loi et entrer en application dès janvier 2010.

SIMPLIFICATION ET DÉVELOPPEMENT DE LA FORMATION TOUT AU LONG DE LA VIE
• Portabilité du DIF
Conformément aux dispositions de l’ANI du 5 décembre 2003 relatives à l’accès au DIF en cas de rupture du contrat de travail et à l’article 14 de l’ANI du 11 janvier 2008 sur la modernisation du marché du travail, un mécanisme de financement de la portabilité du DIF sera mis en place pour les ruptures de contrat de travail ouvrant droit à la prise en charge par le régime d’assurance-chômage. Les salariés concernés pourront mobiliser le solde du nombre d’heures acquises au titre du DIF, multiplié par un montant forfaitaire prévu au code du travail. La mise en oeuvre se fait à l’initiative du bénéficiaire: en priorité, pendant sa prise en charge par le régime d’assurance au cours de la première moitié de sa période d’indemnisation, et, en accord avec son nouvel employeur, pendant les deux années suivant son embauche. Les OPCA assureront la mise en oeuvre de ce financement.
• Simplification du plan de formation
Le plan relève dorénavant de 2 catégories au lieu de 3 : d’une part, les actions d’adaptation au poste de travail ou liées à l’évolution ou au maintien dans l’emploi (pendant temps de travail) et d’autre part, les actions de développement des salariés (se déroulant hors temps de travail).
• Élargissement du champ du congé individuel de formation
Il est désormais possible de prendre en charge les seuls coûts pédagogiques pour des formations hors temps de travail, donc sans obligation de congés et de versement d’une rémunération. Pendant la durée de la formation effectuée hors temps de travail, il est alors prévu que le salarié bénéficie de la législation de la sécurité sociale relative à la protection en matière d’accidents du travail et de maladies professionnelles.
• Création du bilan d’étape professionnel
Chaque salarié peut bénéficier, tous les 5 ans, à sa demande de ce bilan. Il permet à l’employeur de déterminer les besoins et objectifs de professionnalisation du salarié à la fois au regard des évolutions attendues de l’entreprise et du projet personnel du salarié.
• Adaptation du passeport formation
Il est prévu d’adapter cet outil aux nouveaux enjeux d’une sécurisation des parcours professionnels tout au long de la vie et au nouveau bilan d’étape professionnel.

SÉCURISATION DES PARCOURS PROFESSIONNELS
Création d’un fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels (FPSPP) pour financer les formations des salariés les moins qualifiés et des demandeurs d’emploi.
Il sera alimenté par les fonds excédentaires des OPCA ainsi que par un pourcentage des obligations légales dues par les employeurs au titre du plan de formation, de la professionnalisation et du congé individuel de formation, compris entre 5 et 13 %. Création également d’un nouveau dispositif de formation professionnelle, dit de préparation opérationnelle à l’emploi (durée maximale de 400 heures), destiné à des demandeurs d’emploi en vue de leur permettre d’accéder à une offre d’emploi identifiée. Ce dispositif sera financé en partie par le FPSPP.

CONTRATS EN ALTERNANCE
Dans ce cadre, les entreprises sont incitées à conclure des contrats de professionnalisation au profit des publics les plus éloignés de l’emploi (bénéficiaires du RSA, de l’allocation de solidarité spécifique, de l’allocation pour les adultes handicapés, personnes ayant bénéficié d’un contrat unique d’insertion). Les bénéficiaires de ces contrats pourront profiter d’un appui externe à l’entreprise pour traiter les questions de transport, de logement, de santé…

GESTION DES FONDS DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE
Il est prévu de donner aux OPCA des capacités accrues pour intervenir en direction des petites et moyennes entreprises.
Un délai de deux ans est prévu, à partir de la date de parution de la loi, pour réorganiser le réseau des OPCA sur la base de secteurs d’activités cohérents et de la capacité des OPCA à exercer leurs nouvelles missions.
Le seuil de collecte est relevé à 100 millions d’euros.

COORDINATION DES POLITIQUES DE FORMATION PROFESSIONNELLE ET CONTRÔLE DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE
Le plan régional des formations professionnelles (PRDF) qui fait actuellement l’objet d’une simple concertation, sous la responsabilité du Conseil Régional, entre les différents acteurs de la formation professionnelle, se formalisera désormais, notamment après avis des partenaires sociaux, par la signature conjointe du Président du Conseil Régional, du Préfet de Région et du ou des Recteurs d’Académie concernés.
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